SoBD 2022 : un après-midi au salon de la bande dessinée

Du 2 au 4 décembre 2022 a eu lieu le salon de la bande dessinée, dans le quatrième arrondissement de Paris. Cet événement a été le fruit de rencontres, mais aussi de trouvailles multiples et variées.

« Il n’y a que des bandes dessinées, ici ? », a demandé une petite fille à sa mère qui a instantanément rétorqué, d’un ton instructif : « Oui, c’est un festival de la bande dessinée ». Cet échange n’est qu’une bribe du brouhaha qui animait la halle des Blancs Manteaux, ce premier dimanche de décembre. À gauche, un groupe de personnes échangeait des phrases en espagnol. À droite, la langue de Shakespeare primait. Touristes et parisien.ne.s se mêlaient avec joie à cet événement.

Dès l’entrée, un distributeur automatique de bandes dessinées était à notre portée. Le « Blow Book Dispenser » est en vogue dans le neuvième art. Il propose des albums en format miniature (7,6*11,6 cm) contenant une image par page. C’est un bon moyen d’initier les arrivant.e.s à la culture de ce domaine.

Distributeur « Blow Book Dispenser », à l’entrée de la halle

Un salon riche en stands
Des vendeur.euse.s et des auteur.rice.s à n’en plus finir, qui essayaient d’écouler tant bien que mal leurs œuvres, des séances de dédicaces ici-et-là, des rencontres, des tables rondes. Il y en avait pour tous les goûts, chaque stand étant distingué par un code contenant une lettre et un chiffre. Quand on visitait sans consulter le plan, seules les couleurs des nappes, la variété des ouvrages et la sympathie des vendeur.euse.s aidaient à différencier les tables. « C’est très sympa. », commentait une passante coiffée d’un béret rouge, à son compagnon.

Sur l’allée gauche se trouvait un stand spécialement dédié aux créations et co-créations de Loo Hui Phang, en collaboration avec Cédric Manche, Mickaël Sterckerman et Frédéric Dupuy. Sexualité et désir occupaient les planches en noir et blanc affichées au mur et protégées par un cadre vitré. Cette parcelle du salon était aussi l’occasion de s’initier au dessin, en compagnie de l’artiste. Les passant.e.s étaient subjugué.e.s. Une jeune femme dessinait un œil avec une concentration accrue.

Femme qui dessine un œil à l’exposition de Loo Hui Phang

Un après-midi shopping
Un dimanche après-midi au salon de la bande dessinée, c’était l’occasion de faire quelques emplètes. Les BD franco-belges, les comic-strips, les mangas, des tutoriels pour apprendre à dessiner, et bien d’autres, jonchaient les stands. Une semaine après la parution du sixième et dernier tome de l’Arabe du futur, le moment était propice à la promotion d’œuvres du neuvième art. Les prix des albums variaient en fonction de leur nouveauté. Une BD en fin de stock pouvait coûter cinq euros tandis que les petits modèles neufs pouvaient valoir seize euros. Grosso modo, ce salon faisait aussi office de brocante. Il valait mieux y pénétrer avec un grand sac, les tentations étant nombreuses.

Un vendeur, qui se trouvait près de l’entrée, proposait à la fois des albums neufs et un casier contenant des invendus. « Exemplaires défraîchis à prix réduit », les surnommait-il. Les chroniques d’Oneiros, d’Edouard K Dive, Je ne sais pas, de G. Wong (qu’on surnomme « gg »), et bien d’autres y figuraient, à des tarifs abordables : aucun album n’y excédait les dix euros.

Le casier contenant les exemplaires à prix réduits

« Vous avez pris Monsieur Jean ? C’est un excellent choix, mon fils le lit ! », s’est exclamé, d’un sourire complice et satisfait, un vendeur en voyant l’album de Dupuy dans un sac. Ce dernier proposait des mangas portant sur des thématiques diverses : la parentalité, l’érotisme, etc… Dans son stand, le choix s’est porté sur Je vais être maman, de Lemon Haruna. « Si cet ouvrage peut consoler ne serait-ce qu’une personne, alors ça aura valu la peine que je le dessine », tels sont les propos de son autrice, inscrits en quatrième de couverture. L’ouvrage promet de fortes émotions.

« Fumeur de pétous »
Celui qui vendait Comment j’ai niqué ma race, de Gabriel Kaikati, intégrait des stickers dans les ouvrages. L’inscription « Fumeur de pétous », qui y figurait, n’est pas sans rappeler les stéréotypes qu’on accorde aux dessinateur.rice.s de bandes dessinées.

Les stickers « Fumeur de pétous »

Au fond de la halle, une queue se dessinait. Une dizaine de personnes attendaient, en échangeant des rires francs. Le stand des boissons attirait les foules. Le parfum des bières blondes enivrait nos narines. La fête et la convivialité étaient au rendez-vous. À l’issue de cet après-midi, le sac de courses était bien rempli.

Les albums acquis lors de la visite au salon de la BD

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