En mars 2020, Denise, une patiente de l’hôpital Saint-Louis (Paris) infectée par le covid-19, avait pris la décision de ne pas être réanimée.
« Vous vouliez laisser la place à vos enfants et à vos petits enfants », ont écrit trois réanimateurs et une sociologue dans une lettre en hommage à Denise. En mars dernier, la patiente de 90 ans, atteinte du covid-19, avait demandé à ne pas être réanimée. Les soignants ont respecté sa décision.
Elle avait été transférée à l’hôpital Saint-Louis et admise en hospitalisation conventionnelle. Sa chambre venait d’être libérée par un patient qui avait été déplacé dans un centre hospitalier situé à 800 km.
Des circonstances motivantes
La nonagénaire n’était pas infectée que par le covid-19. Elle souffrait aussi d’un cancer. Ce facteur a influé sur l’acceptation de son choix. « Nous aurions pris le risque certain de nous obstiner vainement à éviter une issue inéluctable », ont confié les expéditeurs de la lettre, dans leur écrit.
Un autre point a conforté les soignants dans leur décision. Une conversation téléphonique avec le fils de la défunte a eu lieu. « Nous nous souviendrons du regard de votre fils », ont déclaré les réanimateurs. Sa compréhension des événements leur a facilité la tâche.
Une vie sauvée
Moins d’une heure après l’officialisation de la décision, un patient a été admis dans la chambre concernée. Il souffrait de convulsions suite à une méningite. Il a été placé en coma artificiel.
Une vive émotion
La mort choisie de Denise a suscité l’émoi dans l’équipe médicale de l’hôpital Saint-Louis. « Avoir autant d’attention sur la collectivité, ça nous a énormément marqués. », a expliqué Elie Azoulay, l’un des réanimateurs à l’origine de la lettre, sur franceinfo.
« A notre tour, madame, de vous dire au revoir. Et merci encore pour cet échange si riche d’enseignements. », ont conclu les membres du service hospitalier et la sociologue. C’est une certitude : ils n’oublieront jamais cette expérience.

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