Covid-19 oblige, les musées sont fermés au public. Certaines structures, comme la bibliothèque nationale de France, ont alors mis en place des expositions virtuelles.
Du 15 septembre 2020 au 16 décembre 2020, la bibliothèque nationale de France a été décorée par les 110 clichés panoramiques de Josef Koudelka. Hélas, ils n’ont pu être accessibles qu’à un public virtuel, faute de pouvoir s’y rendre.
Le photographe d’origine tchèque nous permet cependant d’admirer les « ruines » de pays d’Europe du Sud, d’Afrique du Nord ou encore du Moyen-Orient, directement depuis notre poste d’ordinateur ou notre smartphone.
« Les ruines, ce n’est pas le passé, c’est l’avenir. »
Via le site officiel de la BNF, la visite démarre lorsque bon nous semble. Personne à l’horizon. Aucun guide, aucun touriste, aucun visiteur. Nous sommes instantanément accueillis dans une pièce sombre, au sol boisé et aux murs noirs, ponctués par des écritures blanches. « Les ruines, ce n’est pas le passé, c’est l’avenir. Tout, autour de nous, un jour, sera en ruines. », ces phrases prononcées par Josef Koudelka et mises en lumière dès notre entrée dans cette exposition virtuelle nous placent instantanément dans la philosophie dégagée par les œuvres de l’artiste. Observons les lieux et les objets détruits par le temps.
Des lieux divers en noir et blanc
Quand on clique sur la flèche pour s’introduire dans l’antre des clichés, une suite de photographies en noir et blanc occupe nos yeux. À notre entrée, on se trouve immédiatement face à la citadelle d’Amman (Jordanie). Cette main qui occupe le centre de l’affiche et ce coude qui domine sa partie droite sont ses éléments les plus forts… Ce sont même les éléments les plus forts de l’exposition, ceux que le photographe et le personnel de la bibliothèque nationale de France ont tenu à mettre en lumière, ceux qui nous donnent envie de découvrir la suite de la foire.
À la gauche de cette photographie centrale, apercevons l’intérieur du temple dorique. La crise sanitaire a ses avantages : on peut cliquer sur les images pour les admirer en gros plan. Grâce à ce procédé, les remparts vieillis, abîmés sont plus détaillés. Leur ombre, qui est au cœur du cliché, leur donne l’illusion d’être plus lisses. Le lieu en lui-même, vide de personnes et d’objets, nous laisse percevoir l’abandon qu’il a subi. La prise en contre-plongée accentue cette dimension.
Sur la droite, constatons les « ruines » de l’Olympiéion athénien, ou plutôt d’un de ses remparts. Divisé en une dizaine de tambours, semblables à des roues, qui se superposent, sa dégradation en fait une nouvelle œuvre d’art. Son imperfection l’embellit. Les graviers du parterre accentuent l’imperfection de l’Olympiéion. Grâce à ces assemblages, qui ne sont probablement pas volontaires, cette photographie est l’une des plus belles de l’exposition.
Le cliché du temple d’Athéna Pronaia (en Grèce), se trouvant plus en arrière, s’inscrit dans la même veine. Une suite de tambours, plus désordonnés que ceux de l’Olympiéion, occupe une majeure partie de l’image. À l’arrière-plan, les collines et le ciel nuageux assombrissent le lieu. Josef Koudelka a l’art d’embellir les « ruines », même lorsque le temps n’est pas au beau fixe.
Aux murs…
Aux murs se trouvent une ribambelle de photographies verticales. Les éléments sont mieux centralisés. La plus frappante est celle de la tholos de Marmaria, où l’escalier abîmé saute aux yeux, les pierres s’accumulent et les trois remparts, que le temps ne semble pas avoir dégradés, agissent comme l’objectif ultime à atteindre. Le photographe a su s’adapter aux éléments des lieux pour les théâtraliser.
Une chose est sûre : cette exposition virtuelle est riche. Depuis le site officiel de la bibliothèque nationale de France, il en reste encore bien à découvrir…

Laisser un commentaire