Marine Guibert, médiatrice culturelle au théâtre des Amandiers à Nanterre, a un maître-mot : la passion. Cette philosophie se ressent à la fois dans ses choix professionnels et dans son rapport au public.
Un jeudi soir, aux alentours de 18h30, l’ambiance se veut chaleureuse au théâtre des Amandiers à Nanterre. Un barman prépare sa tournée, des comédiens font leur entrée et les employés passent ici-et- là. Nous sommes accueillis par Marine Guibert, une médiatrice culturelle vêtue d’habits majoritairement sombres. D’un pas affirmé, elle nous mène instantanément autour d’une table et nous initie à la discussion, s’asseyant et croisant les jambes. « Vous pouvez me tutoyer. », nous recommande-t-elle.
« Vous êtes entre de bonnes mains », nous déclare d’un ton rassurant Anne-Marie Peigné, directrice adjointe déléguée au développement, qui passe près de nous pour déplacer des documents. La médiatrice culturelle semble plutôt appréciée par ses associés.
« Les musées ? Je n’y trouvais pas ce que je voulais »
Rapidement, elle se confie sur son parcours scolaire. «J’ai passé le bon vieux bac littéraire, mais j’étais très mauvaise en philosophie et en littérature.», avoue-t- elle. « Horrible » est d’ailleurs le premier mot qui lui vient à l’esprit lorsqu’elle fait part de cette mésaventure. Passionnée par l’histoire de l’art, elle a obtenu une licence dans ce domaine ainsi qu’un master en muséologie.
Elle a débuté sa carrière dans les pinacothèques, collaborant avec le musée d’Orsay jusqu’en 2011. Mais la jeune femme a vite changé de branche. « Les musées ne me faisaient pas hyper marrer ». Plutôt bonne vivante, elle aime rire, sortir et rencontrer du monde. « Je m’y sentais enfermée, je n’y trouvais pas ce que je voulais », avoue-t-elle.
La culture, un domaine « très précaire »
« C’était en fonction de mes opportunités ». Elle décrit la culture comme un domaine « très précaire ». Avant d’obtenir un CDI dans le service culturel de la ville de Nanterre, elle a enchaîné les CDD. « Je me suis beaucoup accrochée, c’étaient toujours des petits jobs », a-t-elle confié.
Sa première tâche pour la ville de Nanterre la mettait au contact du jeune public. « On rencontre des gens très différents », certifie-t-elle. Elle ajoute : « C’est très enrichissant». Par la suite, elle a été chargée des relations avec le public à la maison de la musique de la commune.
« Créer la rencontre »
Aimant diversifier les horizons et découvrir de nouvelles choses, elle a pensé à « aller voir ailleurs », voire à « bouger » de Nanterre ; jusqu’au jour où une annonce pour exercer au théâtre des Amandiers lui est parvenue. « J’ai une histoire particulière avec cette instance. J’y étais déjà beaucoup allé, j’avais aimé et détesté des pièces ici ». Elle a alors postulé. Elle décrit avec fierté ce lieu qui lui est familier depuis août 2021, le qualifiant de « très gros paquebot ».
Ce qu’elle y fait ? « Créer la rencontre entre une personne ou un groupe et le théâtre ». Elle insiste bien sur le caractère polysémique de ce terme. « Ça peut être une pièce, le lieu, une écriture, un artiste, et bien d’autres ». La jeune femme parle avec passion de son travail mêlant contact humain et art vivant. Elle ne se plaint pas de la liberté induite par son métier, bien au contraire. «Ce qui est intéressant, c’est qu’on crée notre propre travail. Si j’ai envie de faire des choses différentes, à partir du moment où je garde ce fil conducteur qui m’est imposé par le projet, je peux.», déclare-t-elle. Elle nuance tout de même ses propos : « Il y a aussi des journées où je ne fais que de la billetterie, des choses chiantes ».
Hors du champ professionnel, Marine Guibert garde une relation étroite avec le théâtre. «Je vais voir au moins une représentation par semaine», précise-t- elle. « Il faut vraiment avoir faim », dit-elle à de multiples reprises. La passion est finalement son maître-mot.

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