Quand le Glitch Art, ou l’art de revisiter la pop culture, devient un business virtuel

Les « bugs », « glitchs » et autres problèmes techniques liés aux télévisions et aux ordinateurs ont été bénéfiques dans le domaine de l’art. Le Glitch Art est un courant qui a su s’imposer aux cours des XXe et XXIe siècles et profiter à ses adeptes.

« Le mot a été trouvé par la NASA […] les petits sons non-identifiés étaient appelés glitch », a certifié Kaspar Ravel dans un entretien accordé au magazine General Pop. De fil en aiguille, c’est devenu le terme qui caractérise une erreur de pixellisation sur une image. Par exemple, dans les années 80, il se manifestait par des bandes de couleur lorsque la réception des images sur une télévision cathodique était mauvaise. Certaines chaînes ont encore recours à ce procédé. En 2010, le générique de l’émission groland.con, qui était diffusée sur Canal +, était empreint du Glitch Art.

Un art initié par les créations de Nam June Paik

Nam June Paik (1932 – 2006) est perçu comme l’un des précurseurs du Glitch Art, notamment grâce à ses assemblages d’images cryptées par le biais d’écrans de télévision superposés. De mars à octobre 2020, son exposition post-mortem The Future Is Now au Stedelijk Museum, situé à Amsterdam (Pays-Bas), a permis de montrer au grand public bon nombre de ses œuvres d’un genre futuriste et novateur. Au total, plus de 200 créations y étaient représentées.

Des artistes qui gardent parfois l’anonymat

Les plateformes de banque d’images et de NFT permettent aux artistes du net de partager leurs œuvres. Le Glitch Art étant grandement impulsé par les nouvelles technologies, ceux qui le pratiquent le font souvent par le biais de leur petit écran, souvent sans avoir besoin de mentionner nom et prénom. Un simple pseudonyme suffit. Les créateurs peuvent donc partager leurs œuvres dans l’anonymat le plus complet. C’est le cas de IHeartPrintShop, dont la revisite de La jeune fille à la pelle de Johannes Vermeer est achetable et téléchargeable sur la plateforme etsy.com.

Des revisites d’œuvres en vente

Le Glitch Art permet en effet souvent de revisiter des œuvres d’art incontournables, et quelque part de numériser une création dite « historique ». C’est le cas de la Joconde de Léonard de Vinci, dont Kacarrot propose une version glitchée à différents modèles et différents prix sur le site de vente en ligne redbubble.com. Cette forme de recréation est un excellent tremplin financier pour les artistes.

Internet, ou la meilleure école pour cet art

Concevoir une œuvre avec un effet glitch est à la portée de tout le monde. Nombreux sont les connaisseurs qui font des tutoriels sur internet. Le logiciel de montage d’images Photoshop contient même une option permettant d’introduire cet effet. Le glitch art est ainsi convertible avec chaque création. Il existe même des sites web permettant d’attribuer ce résultat. Adam Fuhrer, développeur canadien, a mis en place deux générateurs : Glitch Art Generator, qui permet à chaque internaute de créer sa propre œuvre, et Glitch Image Generator, dont l’enjeu est d’importer une image pour lui donner ce style.

Le Glitch Art profite à la fois aux créateurs et aux développeurs. Dans une ère où tout va de plus en plus vite, les technologies ouvriront-elles la porte à d’autres formes d’art ? Puis surtout, qui saura en tirer bénéfices ?

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